Tous les articles par Pascale Mathex

La maternelle de Léon Frapié

Ecole Maternelle Rue des maronitesLa maternelle de Léon Frapié

La maternelle, de Léon Frapié (1863-1949), a obtenu le 2ème prix Goncourt en 1904. Roman réaliste, terrifiant, au point que la narratrice, Rose, femme de service dans une école maternelle d’un quartier miséreux de Ménilmontant, s’efforce, autant que possible, de ménager le lecteur « d’un autre quartier » car, dit-elle : « Les gens sont si heureux de pouvoir hausser les épaules et crier à l’exagération ! »

Références et remerciements :

La maternelle de Léon Frapié, prix Goncourt 1904.

(Editions de l’imprimerie nationale de Monaco, 1950, pour les numéros de pages. Copie scannée par Nabu Public domain reprints)

Crédits photo: http://www.parisrues.com

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Beirut Nightmares de Ghada Samman

Photo pour Beirut's nightmares

Beirut Nightmares (Kawabis Beirut) de Ghada Samman
Le texte original en arabe de Kawabis Beirut, ( Beirut Nightmares en traduction anglaise) de Ghada Samman, est paru en 1976 à Beyrouth aux éditions Dar al-Adab. L’auteur, Ghada Samman, est née en 1942 à Damas, en Syrie.

Nightmares : « Cauchemars ». En temps de guerre, l’être humain, privé de tout repère, se refuse à qualifier de réalité les atrocités qui se sont emparées de son quotidien. Ce mot « cauchemar », résonne alors dans toutes les bouches, hurlant l’incrédulité et l’espoir d’un hypothétique réveil. « Cauchemar » permet de justifier l’incompréhensible, l’absurdité et la cruauté inouïes d’évènements qui défient l’intelligence et le bon sens. En temps de guerre, aujourd’hui comme hier, cauchemar et réalité ne sont plus, hélas, qu’une seule, même et misérable entité.

Quand finira ce cauchemar ?

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Maurice Blanchot, sa vie, son oeuvre

Maurice Blanchot, sa vie, son œuvre

image livres blanchot

Maurice Blanchot, romancier, critique littéraire et philosophe, est né en 1907 à Quain en Saône et Loire, et mort en 2003 au Mesnil-Saint-Denis, dans les Yvelines. Nous lui devons une œuvre littéraire extraordinaire, une oeuvre étonnante, « pure traduction de lui-même », encore méconnue, que je me permets, « en suivant l’équateur », de vous présenter dans son ensemble.

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L’animal que donc je suis, de Jacques Derrida

L’animal que donc je suis, de Jacques Derrida

Photo Suzanne pour article Derrida

L’animal que donc je suis, de Jacques Derrida, est paru aux éditions Galilée en 2006. L’ouvrage est une publication posthume qui regroupe les textes d’une série de conférences données par l’auteur sur la question de «l’animal». Derrida y dénonce un assujettissement d’une ampleur aujourd’hui sans précédent, de l’animal par l’homme, dont la dénégation systématique et perpétuée par tout un courant philosophique initié par Descartes, a des conséquences désastreuses pour les animaux. La présentation de ce texte de Jacques Derrida propose d’aborder sereinement la pensée d’un philosophe qui, considéré comme difficile, n’est pas assez lu, alors que son discours, à la fois clair, clairvoyant et ambitieux,  qui nous invite à reproblématiser la question philosophique de «l’animal», est d’une importance capitale.

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La condition tropicale de Francis Hallé

La condition tropicale de Francis Hallé

conditiontropicale

Avec La condition tropicale, essai de Francis Hallé, publié en 2010 aux Editions Actes Sud, notre site En suivant l’Equateur est, comme annoncé précédemment, de retour en zone intertropicale.

L’auteur, Francis Hallé, botaniste et biologiste, spécialiste de l’architecture des arbres et de l’écologie des forêts tropicales humides, nous dévoile la réalité d’un espace qui nous est cher : les basses latitudes. L’ouvrage, riche de références et illustré en grande partie par l’auteur lui-même, explore les champs disciplinaires les plus variés : astronomie, géophysique, climatologie, géographie, anthropologie, économie, et bien sûr biologie et botanique, pour décrire et interpréter cette vaste zone qui abrite, on le sait, les dernières grandes forêts tropicales humides primaires de la planète, et dont l’importance dans tous les domaines de la connaissance, reste, dans nos pays et nos cultures des moyennes et hautes latitudes, si peu comprise. Après une introduction  en suivant l’équateur  « à la manière de Mark Twain » – un détour – la présentation de l’ouvrage respectera sa chronologie de manière à rester le plus près possible du propos de l’auteur.

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Le ciel de Bay City de Catherine Mavrikakis

Le ciel de Bay City de Catherine Mavrikakis

Ciel mauve maison bleue retouchee

Le ciel de Bay City, roman de Catherine Mavrikakis, est paru aux éditions Héliotrope, à Montréal, au Québec, en 2008. Ce texte percutant a répondu de manière incisive, catégorique, dans une langue crue et décomplexée, au questionnement qui, à l’époque, était le mien.

J’aimerais donc sur ce site, En suivant l’Equateur, après la lecture du roman nigérian Le monde s’effondre, de Chinua Achebe, m’éloigner à nouveau de la zone intertropicale – pour y revenir très bientôt avec détermination – et m’envoler aujourd’hui vers Le ciel de Bay City, un texte contemporain canadien qui ne craint, sans équivoque, ni les fantômes, ni les étincelles.

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Le monde s’effondre (Things fall apart) de Chinua Achebe

Le monde s’effondre (Things fall apart)

de Chinua Achebe

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Things fall apart, premier roman de Chinua Achebe (né le 16 novembre 1930 au Nigeria), chef d’œuvre de la littérature nigériane anglophone et de la Littérature mondiale, est paru en 1958 à Londres.

Le monde s’effondre, sa traduction française qui date de 1966 aux éditions Présence Africaine, est introuvable aujourd’hui. Un peu de persévérance permet de dénicher le rare exemplaire, la plupart du temps indisponible, en bibliothèque. On pourrait se désoler, comme on l’a fait pour En suivant l’Equateur de Mark Twain, qu’une traduction française ne permette au lectorat francophone de savourer un tel joyau littéraire, mais on en profitera plutôt pour réclamer à grands cris cette nouvelle traduction qui fera enfin honneur à la prose fluide et cristalline de ce conte tragique, que la voix, le son, la parole, glorifient, comme l’écho dans la forêt, la nuit, révèle à nos sens à l’affût l’espace imperceptible au regard.

En attendant cet évènement, permettez que je vous le présente.

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Pérégrinations d’une paria de Flora Tristan

Pérégrinations d’une paria

de Flora Tristan

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Pérégrinations d’une paria de Flora Tristan, récit de voyage datant de la première moitié du XIXème siècle, ouvre le deuxième et dernier volet d’introduction de cet espace sur la toile dont l’intitulé, En suivant l’Equateur, est emprunté à Mark Twain, en hommage à la zone intertropicale, berceau de nos origines, qui divise la planète en deux hémisphères et abrite les dernières forêts tropicales luxuriantes de la planète. En hommage aussi bien sûr, au père de Tom Sawyer et d’Huckleberry Finn, ainsi qu’à tous ceux qui lui ressemblent.

Après ce premier doublon introductif, j’abandonnerai la littérature de voyage classique pour m’attarder plus longuement sur des textes contemporains, romans, récits, essais.

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Following the Equator de Mark Twain

Following the Equator de Mark Twain

Mark twain

L’article qui suit est une présentation de ce livre peu connu du public francophone. Les nombreuses citations extraites du texte de Mark Twain ne sont pas traduites de l’anglais. La lecture de cette présentation demande donc l’effort, peut-être inhabituel, de passer alternativement d’une langue à l’autre.

Le français, l’anglais, voilà bien des années que je jongle avec ces deux langues ! Traduire est un exercice périlleux qui n’est pas de mon ressort, je préfère ici même continuer à jongler et laisser aux autres le plaisir – le travail, la surprise – de lire Mark Twain dans le texte original. Pour rassurer les lecteurs qui ne lisent pas l’anglais, cet article reste lisible en sautant les citations de Mark Twain…mais quel dommage !

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